Coronavirus: Yves et Marinette parlent du confinement lors de la Seconde guerre mondiale.

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Yves et Marinette se souviennent de ce temps où ils étaient confinés chez eux “sous peine de se faire tirer dessus par les Allemands” racontent-ils.

“Nous préférons ce confinement-là”

Assise à côté de son mari, Yves, 90 ans,  Marinette, 87 ans, se replonge dans ses souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale. “J’avais 11 ans, cela remonte à loin mais je me rappelle bien des conditions. Comme aujourd’hui, l’école était arrêtée, mais pourtant la situation était différente de ce que les élèves vivent aujourd’hui” explique-t-elle.

En 1939, dans la ville de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) où elle vit encore aujourd’hui, les habitants ne pouvaient là aussi sortir qu’en cas d’urgence: pour aller voir le médecin ou  chercher de la nourriture. À une grande différence, s’ils ne respectaient pas les règles, ils ne récoltaient pas une contravention de la police mais risquaient de se faire arrêter par les soldats allemands, voire pire.

De meilleures conditions

Marinette, qui possède aujourd’hui un téléphone portable, n’hésite pas à se déplacer avec vers la cuisine où on l’entend ouvrir son placard: “j’ai plein de biscuits différents et quelques réserves de conserves, ma fille m’a fait quelques courses et elle me dépose de la nourriture devant ma porte quand je n’en ai plus”, explique-t-elle.

En 1939, ses placards étaient vides. Son mari raconte qu’il en était de même dans sa famille. Les deux expliquent que les supermarchés n’existaient pas, il y avait des épiceries où les réserves n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. “C’était de tout petits magasins, on n’aurait pas pu dévaliser les rayons comme on le voit en ce moment. De toute façon, ce type de comportement ne pouvait pas arriver car nous avions des cartes de rationnement”. Ils racontent que ce qui leur fait peur dans cette guerre sanitaire, c’est uniquement la manière dont agissent les habitants.

Les habitants devaient se rendre dans les mairies de leurs villes afin de se procurer une carte de rationnement. Celle-ci leur donnait le droit à un peu de pain, de la viande et du sucre. Yves, ancien postier se rappelle: “le pain était dégoûtant, la mie avait un goût de mastic. Pour le petit-déjeuner, j’en prenais un bout avec du sucre et j’essayais de me rationner de cette façon.”

Lorsqu’ils voient leurs placards remplis de “bonnes choses” aujourd’hui, les grands-parents ne peuvent s’empêcher d’être heureux malgré la situation actuelle de la France. “Nous qui avons vécu la guerre, on se rend bien compte de la chance que nous avons de manger à notre faim, et nous sommes aussi conscients qu’il ne faut pas avoir de comportement égoïste!”

Au milieu de leur récit, les deux grands-parents insistent: “il est très important que les gens restent solidaires et ne paniquent pas, c’est ce qui nous sauvera.” À plusieurs reprises, ils évoquent des images qu’ils ont vu à la télévision: “cela nous rend tristes de voir tous ces gens qui remplissent leurs chariots de tonnes d’aliments.” Ils racontent avoir demandé à leurs deux enfants de ne leur ramener de nouvelles courses qu’une fois que leurs placards seront vides.

Prendre conscience d’une chance

Pour ne pas reproduire ces erreurs, le couple aimerait faire passer un message aux plus jeunes: “vous avez vos téléphones portables, vous pouvez communiquer entre vous, si vous sortez faire des courses, avec des précautions vous ne risquez pas de voir vos proches mourir fusillés. Profitez de ce temps pour rire ensemble, discuter, ne cédez pas à la panique, et s’il vous plaît, ne soyez pas égoïstes.”

 

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